couleur verte


Sur la paroi de métal rouge du Lidl -DDR, un panonceau vert proclame: Pain frais plusieurs fois par jour. Pauvres habitants de BZ, ne vous précipitez pas; attendez encore un mois ou deux. Ils vous promettront peut-être de la brioche...


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Sur le chemin du bois, les murs et les volets du Chasseur vert ont été repeints. Ils en avaient bien besoin. Les voilà couleur sable du Ténéré, comme ma vieille 405. C’est normal, c’est la mode. Délires urbanistiques! Ou bien retour en grâce de Tartarin de Tarascon?


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Sur un écriteau planté dans l’herbe, je lis Chêne rouge d’Amérique. Levant la tête, je ne vois encore une fois que du vert. A regarder le panneau, si vieux, je me dis qu’ils ont dû couper l’arbre. Dommage, mais dans le petit vent flotte ce matin l’odeur sucrée du sureau et des grappes de l’acacia.


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Sur la porte de la maternelle, à l’entrée de la rue du Ban, des manifestants récents (jeunes mamans, vieux pépés?) ont crucifié un calicot fripé, déchiré, qui criait en lettres multicolores: Ne laissez pas se perdre nos petits enfants! Il crie encore un peu. Mais il est tout seul, se lasse bien vite et se met à fredonner tristement: Une souris verte, qui courait dans l’herbe...


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Sur mon mouchoir de verdure, au bord de la maison, les fleurs du lilas ont rouillé si vite, le rosier de feu a défleuri et ses pétales qui tombent ont perdu leurs couleurs de flammes. Il faudra que je coupe les brandons éteints qui demeurent, avant que de partir.


Antoine Mack