Le septième jour, disait l’invitation, comminatoire. Seul le choix du moment précis était laissé au gré du cavalier, dans une fourchette étroite d’une  heure, en début d’après-midi. L’on ne danserait néanmoins que le lundi matin, de bonne heure.


L’on ne boirait pas; personne ne porterait de toast à l’adresse de l’invitante. Elle tournerait lentement sur elle-même, anticipant déjà la valse...


Un, serez-vous mon cavalier de l’aube incertaine? Mais vous êtes trop jeune, fier uhlan de la garde royale!


Deux, peut-être vous, noble vieillard qui fûtes l’amant de tant de jolies demoiselles, depuis des lustres disparues de nos bals? Non, soyez puni! Regrettez-les encore, effacées dans leurs éclats de rire, cristaux brisés... Attendez toujours.


Ce sera donc toi aujourd’hui, que j’invite à ma fête pour la troisième fois déjà. La première, tu n’as pas voulu te noyer dans mes grands yeux noirs. Je t’ai laissé partir... La deuxième, au dernier moment, je t’ai caché, idiote, mon affolant sourire d’albâtre. Ce matin, orgueilleux qui te croyais à l’abri derrière ta vaine dérision, viens disparaître à ton tour dans le tourbillon glacial!


Valse_Robert_Beltz

Ecoute! Les violons grincent déjà sous la caresse des froids péronés.


Antoine Mack