(Très) librement commentée et inspirée d’un poème de Johann Georg Fischer (1816-1897), voici une vision estivale à deux faces du paradis.

Elsässische Bauernmädchen

Si je dois quitter ce monde pour un quelconque paradis,
Je veux y vivre toujours dans la maison de mes aïeux.
Je n’y resterai pas si ma demeure ancestrale n’est plus là.

Mauvaise idée que j’ai eue, il y a quelque temps,
Quand j’ai vendue la baraque en ruine...

Le soleil, tout au long du jour, devra briller près des haies vives.
Qu’à travers les trous de leurs branches, des citrouilles se montrent,
Dorées comme les joues rebondies des anges.

S’exposer ainsi au soleil! Dessèchement de la peau assuré...
Avec les plus grands risques d’attraper la jaunisse!

Les voisins me regarderont encore, les bras posés sur leur clôture.
Comme ils le font tous les dimanches, de bleus nuages de tabac
S’envoleront des tuyaux de leurs pipes, vers le ciel d’azur.

Fumer tue! Pipes, cigares et cigarettes sont des agents de mort atroce.
Avez-vous vu vos poumons quand ils étalent, sur les radios, leurs cancers?

En tabliers colorés de belles jeunes filles passeront devant chez moi,
Chantant gaiement sur le chemin. Pour elles nous irons, garçons,
A la lisière du verger secouer les premiers fruits mûrs de l’été.

Elles passent en motos... pétaradant et écrasant toutes nos poires!
Je l’envoie au diable, votre paradis, Johann Georg!

Antoine Mack