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Quatre heures, en ce premier lundi du carême. La ville a éteint toutes ses lumières. Il fait encore nuit noire sur le Rhin.

... et voilà que se mettent à vivre, dans les ruelles étroites de la vieille ville, de la Place du marché jusqu’aux abruptes collines de la cathédrale et de la Heuwaage (la pesée du foin), des centaines de lanternes multicolores. Porteurs d’étranges images satiriques, ces lumignons se dressent sur les têtes des musiciens de nombreuses cliques qui s’avancent au rythme lent des fifres et des tambours.

Morgastraich... (Morga, matin – Straich, errance). Coup d’envoi d’un carnaval, d’une fête de trois jours, les plus beaux de l’année.

Gorge serrée, chair de poule, larmes au bord des cils. Dans la nuit libérée de toutes les nuisances sonores, la musique lancinante impose, seule et longtemps, son empreinte. Les pensées des vrais carnavaliers se projettent déjà vers la fin... trop proche de l’annuelle cérémonie, mercredi soir.

Vient le jour. Dans l’air calme et froid du petit matin flotte maintenant, sur Bâle, une impalpable et douce mélancolie.

Antoine Mack