busch

Le joyeux Wilhelm Busch (1832-1908) amusa longtemps les enfants allemands d’abord, puis ceux d’une bonne partie du monde, avec les facétieux Max et Moritz qui préfiguraient au dix-neuvième siècle les Pim, Pam, Poum que nous avons connus au vingtième.

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Mais c’était aussi un poète. Moraliste, philosophe, il lui arrivait même, de temps à autre, d’avoir un petit coup de spleen. Il écrivait alors des aphorismes comme celui-là :

Il ne faut pas regarder la vie par la seule face qu’elle nous présente. Il faut aussi aller voir l’autre côté. Regardez les maisons. Elles ne sont jamais aussi belles par derrière qu’elles le sont par devant.

Mais même dans ces moments un peu sombres, on sent, en le lisant, qu’il n’était pas dupe et qu’il recourait toujours à une salvatrice dérision.

 

Des mots dans le sable...

Lorsque je serai vieux et très faible,

Un jour d’été, s’il fait beau,

Je sortirai de ma petite maison.

J’irai m’asseoir, solitaire et silencieux,

Sous le tilleul, sur le banc de pierre,

Dans les rayons du soleil.

 

Je penserai aux saisons enfuies...

Avec ma vieille béquille

Et mes vieux doigts tremblants,

Je tracerai devant moi des mots dans le sable...

 

 

Antoine Mack