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Airs de flûte
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Airs de flûte
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10 juin 2009

L’âne, le meunier et le rossignol

ane3

Un âne trouvait qu’il travaillait trop. (Il avait lu Jean de la Fontaine, auteur subversif).

Fatigué d’une longue journée, à la nuit tombante, il s’en ouvrit à son maître, le meunier, qui lui donnait à boire. Porter tous les jours, des granges au moulin, de lourds sacs de blé, repartir ensuite vers les fermes, chargé de farine et de son... Pour lui qui vieillit, dit-il, c’est un métier trop fatigant. Il faudrait, pour le moins, trouver un autre animal pour partager sa peine.

Ce que dit l’âne est frappé au coin du bon sens, admet le meunier. Mais lui n’a pas les moyens d’acheter une autre bête de ce prix. Il verra cependant à augmenter la dose de son et de bon foin qu’il donne au baudet chaque jour et même à allonger de quelques pourcents les heures que ce dernier passe à brouter l’herbe saine du verger.

Voilà qui est fort agréable à entendre, rétorque l’âne, mais ces mesures vont aussi dans l’intérêt de celui qui les promet. Lui, pauvre asinien, durera peut-être ainsi jusqu’à une retraite encore lointaine, mais dont il ne profitera guère, c’est certain. Alors que partager le travail présenterait double avantage. Pour le meunier, des transports mieux assurés; pour deux ânes, une carrière moins pénible et une vieillesse heureuse.

Certes, certes, semble penser le meunier, ébranlé. Mais où trouver sans payer le deuxième employé? L’homme se met à réfléchir en silence.

S’élève alors, au fond du jardin, le chant mélodieux d’un oiseau. L’âne veut pousser son avantage et s’écrie tout à trac qu’il faut embaucher le rossignol. Il n’est pas à vendre et coûtera fort peu en frais de bouche, n’est-ce pas?

Le meunier relève la tête, écoute jusqu’à la fin les joyeux trilles. Puis se tourne vers l’âne et lui dit: «Imagines-tu, mon pauvre ami, ce que serait ma vie si l’oiseau, en retour, exigeait que, tous les soirs, tu ailles au bout du verger pour me donner la sérénade?»

Antoine Mack


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Commentaires
A
Chère Anne, l'oiseleur m'a prêté l'espace pour te répondre, mais il me fait remarquer que j'aurais dû signer de mon nom, et pas du sien.<br /> <br /> Je me présente donc: je suis l'âne qui détient le sésame pour l'ouverture des négociations sociales, comme tu l'auras remarqué.<br /> <br /> Je t'embrasse et je signe... Ali Babaoron.
O
Merci, chère Anne, ma sœur, pour ces encouragements qui me vont droit au cœur, en ce matin de fête de la musique. Je vais jouer, chanter, danser, comme ce fameux cousin que j'ai en Allemagne et qui fait partie d'un band célèbre, les Musiciens de la Ville de Brême. Il en est même la base, si je me souviens bien.<br /> <br /> Que cela plaise ou non au meunier! Musique!<br /> <br /> Je te souhaite des chardons par milliers dans ton joli Pressoir. Hi han! Hi han! pour toi aussi et bises d'ânon consolé par tes mots des injustices que l'on nous fait.
A
Tu te demandes sûrement pourquoi on te fait toujours passer pour une bourrique, alors que tu es courageux, fidèle, beaucoup plus intelligent qu'on ne veut le reconnaître, que tu ne rechignes pas au travail et que tu te contentes de peu, un chardon, ici ou là, en récompense de tes nombreux services. Tu es juste un peu rancunier (ce que je comprends fort bien).<br /> Et voilà maintenant que l'on te fait remarquer que tu manques d'à propos et, pire, sans délicatesse aucune, que tu chantes faux, que tu n'aurais pas le sens de la musique ! <br /> Ô Âne, mon semblable, mon frère, quitte ce meunier esclavagiste et railleur, reprends ta liberté, va batifoler par champs et prés, donne libre cours à cette fantaisie que tu as appris à dissimuler pour essayer de te faire prendre un peu au sérieux, envoie balader ces moralistes qui t'utilisent, en se moquant de toi, pour dire quoi, en somme ? Que l'on ne peut donner que ce qu'on a ? Ce n'est pas parce qu'ils savent écrire, qu'ils ont le génie du délayage et de la chute, qu'ils seraient plus dignes de respect et d'attention que toi, si doux, si tendre, toi qui te plains si rarement, qui ne demandes qu'à être reconnu et aimé.<br /> Alors, pour une fois, rue dans les brancards ! Tu verras, ça fait tellement de bien… Hi han ! Hi han !
O
Rassure-toi, chère Chagris, je ne chanterai pas!
C
J'imagine trop bien !
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