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Airs de flûte
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Airs de flûte
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26 septembre 2009

Les nuits explosent dans les villes

E

Les nuits explosent dans les villes,
Nous sommes déchiquetés par la sauvage et chaude lumière
Et nos nerfs s’agitent, fils déments,
Dans le vent qu’arrachent les roues aux pavés.

Dans des cafés, des voix brutales nous ont brûlé
Le front et chauffé les sangs, de nouveau. Déjà
Nous étions en flammes. Et nous voulons en silence nous éteindre
Car nous avons peur encore de notre propre brasier.

Nous flottons, désœuvrés, à travers le temps de nos journées.
Aux coins de rues éclairés nous adressons la parole aux filles.
Nous ressentons encore trop fort les vieilles délices
De l’amour qui s’achète facilement.

Nous nous sommes livrés au jour
Et courons, jouant sans souci, devant le souffle du vent.
Nous sommes très sûrs de nous échapper en planant
Vers l’endroit où l’on a besoin de nous, quand nous serons devenus.

OOOOO

Ernst Wilhelm Lotz, poète expressionniste allemand, est né en février 1890, à Culm sur la Weichsel. Dès l’âge de 17 ans, il s’engage dans l’armée et se retrouve à Strasbourg, où il deviendra rapidement lieutenant. En 1911, il retourne à la vie civile, pour peu de temps, car au début de la Première Guerre Mondiale, il s’engage à nouveau. Celui qui venait de traduire Rimbaud et Verlaine tombe à Bouconville, dans les Ardennes, comme commandant de compagnie, le 26 septembre 1914, à l’âge de 24 ans.  Vers l'endroit où l'on a besoin de nous, quand nous serons devenus.

Antoine Mack

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Commentaires
O
... et qu'il soit venu mourir dans leurs Ardennes.
O
Oui, pressentiment peut-être...<br /> <br /> Etonnant aussi que ce militaire de vocation (engagement très jeune, carrière fulgurante) ait profité des trois années de son retour à la vie civile pour traduire Rimbaud et Verlaine!
B
"Et courons, jouant sans souci, devant le souffle du vent.<br /> Nous sommes très sûrs de nous échapper en planant<br /> Vers l’endroit où l’on a besoin de nous, quand nous serons devenus..."<br /> <br /> Une chute magnifique. Ou un pressentiment ?
O
... le dernier, chère Anne, étant probablement Guillaume Apollinaire, mort le 9 novembre 1918, à Paris certes et de la grippe espagnole, mais dont le nom est bel et bien cité sur les plaques commémoratives du Panthéon dans la liste des écrivains morts pendant cette guerre.<br /> <br /> <br /> Les feux du bivouac<br /> <br /> Les feux mouvants du bivouac<br /> Eclairent des formes de rêve<br /> Et le songe dans l'entrelacs<br /> Des branches lentement s'élève.<br /> <br /> Voici les dédains du regret<br /> Tout écorché comme une fraise<br /> Le souvenir et le secret<br /> Dont il ne reste que la braise.
A
… cher oiseleur, pour ce poète que je ne connaissais pas.<br /> Les statistiques ne nous disent pas combien de poètes sont morts pendant ces quatre terribles années.
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