17 février 2011

Après la colère

Elle est retournée dans son lit et coule des jours tranquilles vers le printemps. L’année dernière, en décembre, elle se souvient d’avoir aimé, quand fut tombée toute cette neige sur les derniers contreforts du Jura et sur les vallées vosgiennes, les grands draps blancs qui s’étendaient autour d’elle.Lorsque fut passé ce fâcheux redoux de la mi-janvier, lorsque les draps alors tachés de gris se sont déchirés, elle s’est mise en colère. Les rassemblant du Sud et de l’Ouest, par tous ses affluents, elle a précipité ses eaux vers la... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 16:04 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

10 février 2011

Georg Heym, qui ne connaît pas le chemin

Etrange destin que celui de Georg Heym, né en 1887 à Hirschberg, en Silésie. Son père veut qu’il soit officier ou juriste. Il fera son droit, mais n’entrera pas dans la carrière juridique. Il commence à écrire en 1899, à douze ans, tient un journal à partir de 1904. Et se met bientôt à composer des poèmes. Il aurait pu devenir célèbre, mais... Le 16 janvier 1912, alors qu’il patine sur la Havel, un affluent de l'Elbe qui passe par Berlin, la glace cède sous ses pieds. Il meurt noyé dans la rivière, à vingt-cinq ans. Il n’avait... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 16:30 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags :
03 février 2011

Ma mère était une iconoclaste

Ma mère n’aimait pas Saint Blaise.Attention! Personne ne saurait mettre en doute sa profonde religiosité. Elle faisait ses Pâques tous les ans, allait à la messe et même aux vêpres tous les dimanches, se confessait plus souvent qu’à son tour d’un tas de péchés (véniels) qu’elle n’était même pas sûre d’avoir commis. Si j’osais, je dirais qu’elle était – mais très humblement – une sainte femme. Seulement, elle n’aimait pas Saint Blaise dont c’est la fête le 3 février et que, le matin du 4, elle aurait volontiers, tous les ans, voué... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 16:59 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :
27 janvier 2011

Il n’y a plus de larmes...

Le cri d’acier... Nouveaux poèmes du temps de la guerre. Celle de 1914-1918. Poèmes introduits par ces mots, en couverture: Les heures passent. Les blessures demeurent. Alfons Petzold, auteur autrichien, correspondant de Stefan Zweig, influencé par Heinrich Heine, n’a certainement pas connu une vie heureuse. Ses œuvres s’en ressentent. Et plus particulièrement ces poèmes qui décrivent avec amertume les horreurs métalliques de la guerre.Il est né en 1882 à Vienne, fils d’un ouvrier, affligé très tôt par une mauvaise... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 17:36 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :
20 janvier 2011

De quelques traces dissipées

Rousse, l’odeur légère du feu de fagots qui crépitait derrière l’église, à l’aube du Samedi Saint, veille de Pâques. Dans le jour encore sombre, les yeux des garçons brillaient, lumignons. Le printemps venait dans une bouffée d’encens. Sous le soleil brûlant de juin, sur les prés du bord de la Zorn, lente rivière qui traversait un vieux moulin à aubes, l’herbe s’était flétrie, lentement, depuis le matin. Le foin, plusieurs fois retourné par les faneurs, embaumait l’air qui vibrait. Fleurs bleues séchées, tiges décolorées qui... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 17:20 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :
13 janvier 2011

Paul Klee... en regardant un arbre

Conquérant   -  Paul Klee Les œuvres écrites du grand peintre Paul Klee (1879 – 1940) portent évidemment et pour l’essentiel sur la théorie de l’art et plus particulièrement sur l’art pictural. Il a laissé aussi un journal dans lequel, à côté de souvenirs personnels, la réflexion sur la peinture et sur la musique est riche et passionnante. Musique, oui. Car il était d'une famille de musiciens et sa femme, Lily Stumpf, était pianiste renommée. Mais il lui arrivait également, à l’occasion, de griffonner dans... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 15:10 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :

03 janvier 2011

Je suis le maître du monde !

Cheval cabré (Leonardo da Vinci)   Ah! Que j’aimais, à cette époque lointaine de ma jeunesse, dévorer ces romans dont les méchants rêvaient de devenir les maîtres du monde et dont les héros, droits dans leurs bottes, se battaient, ferraillaient pour empêcher les premiers de parvenir à leurs fins coupables! Walter Scott, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Michel Zevaco, Fenimore Cooper, Karl May et tant d’autres auteurs admirés... ... auxquels il convient d’ajouter aujourd’hui  (heureuse et récente trouvaille) A. M.,... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 20:42 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :
31 décembre 2010

Nouveau livre, nouvelle année

    Nouveau livre, nouvelle année... Que nous apporteront les jours? En sera-t-il comme il en fut toujours, Echecs, pour une part? Pour l’autre, réussites? Je voudrais vivre jusqu’au moment où tout ce feu Ne laissera  derrière lui qu’une étincelle de lumière Mais ne disparaîtra pas comme la flamme dans la cheminée, Qui vient de s’affaisser dans ses cendres. Theodor Fontane Né le 30 décembre 1819, dans une famille huguenote française établie en Prusse, Theodor Fontane, pharmacien de formation, a exercé... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 15:42 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :
19 décembre 2010

Victor Auburtin et le péché...

Lucas Cranach Descendant d’une famille d’émigrants français, protestants partis en Allemagne après la révocation de l’Edit de Nantes, Victor Auburtin est né à Berlin en 1870 et mort à Garmisch-Partenkirchen en 1928. Journaliste, il fut le correspondant à Paris du Berliner Tageblatt, de 1911 à 1914. Il a longtemps écrit des rubriques humoristiques ou satiriques (que les Allemands appelaient Feuilletons) dans le même journal. En lisant celle que je vous propose ici, n’oubliez pas qu’à la fin du XIXe siècle et au début du... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 10:45 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,
04 décembre 2010

Etrangers au château – 11. Loin de Pourtalès

Pour nous deux, le Prince de Bajalpur a bien voulu faire une exception. Il m’a laissé monter sur la banquette arrière avec ma copine. C’était génial,  pour la conduire à la gare. A la fin de son stage, elle était repartie avec le dernier groupe de l’année scolaire. Puis elle était revenue seule à Pourtalès, une semaine plus tard, pour passer les derniers jours de juin avec moi. Maintenant, l’heure était venue de la séparation. Dans la décapotable jaune qui descend la large et longue rue du 22 novembre, imaginez un couple... [Lire la suite]
Posté par Oiseleur à 18:07 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :