grand_black_baraqu_

Sous les voûtes végétales de la verte cathédrale où l’oiseleur, tous les matins, s’en va mener ses chasses pacifiques, vous rencontrerez de drôles d’oiseaux coureurs.

Des maternelles à tête grise qui chuchotent leurs bavardages pour éviter de couvrir les chants qui volent de branche en branche. Elles vont à pas lents, discrètes, et vous saluent à mi-voix. L’oiseleur  murmure aussi.

L’aphrodite aux pieds agiles, vêtue pour la course d’éclairs phosphorescents, vous adresse un sourire un peu timide en vous croisant. L’oiseleur sourit en retour.

Un dolichocéphale blond (et bravache), tonnelet de bière porté agressivement en avant du ventre, vous bouscule en vous mitraillant du regard. Genre Caisse tu fous sur ma piste? L’oiseleur cède la place.

Et surgit, au détour du sentier, le grand black baraqué. A dix mètres déjà, ses dents se découvrent et, quand il passe, il crie, il chante son bonjour! Comme lui, l’oiseleur se surprend à élever la voix et leurs souhaits conjoints, convaincants, planent vers les plus hautes frondaisons.


Les petits pioupious, là-haut, se taisent une seconde, un peu surpris. Puis se remettent à chanter... de plus belle.

Antoine Mack