Violon_d_Ingres_ManRay

Violon d'Ingres, Man Ray
 

Est-ce encore de plaisir qu’il convient de parler, cher Marquis?

Entre seconde et tierce, pour passer à l’heure d’été, sont-elles donc devenues importunes, ces coupures de sommeil!  Comme elles nous indifféraient naguère puisque nous ne dormions pas! Les angelots du plafond s’en souviennent encore...

Vous préfériez alors célébrer mon corps et le compariez souvent au Violon d’Ingres de Man Ray. Un cello, disiez-vous, dont vous aimiez caresser, avec les mots, avec les mains, caisse de résonance et table d’harmonie et dont vous saviez faire vibrer si bien les cordes sensibles.

Les heures d’été se suivent, cher ami, et griffent et grippent notre horloge interne, de plus en plus âprement. Voyez comme m’affaiblissent aujourd’hui ces manques de repos récurrents, voyez comme ils effacent mes courbes délicates. Je dépéris. Je maigris...
 

Un jour, je vous le dis, auprès du violoncelle
Vous croyant endormi, surgirez du néant
Et chercherez en vain marquise jouvencelle,
Ne trouvant au matin que bel hautbois dormant.

 

hautbois_ancien

Marquise 
p.c.c. Antoine Mack