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Conrad Ferdinand Meyer (Zurich, 1825 – Kilchberg, 1898) est l’un des plus grands conteurs suisses de langue allemande du XIXe siècle. Il est notamment l’auteur de romans historiques dont certains ont  pour cadre l’Italie. Il a laissé aussi des poèmes d’une grande sensibilité.

Meyer croque ici, en quatre couplets, les fêtes de Venise, la Sérénissime. La Dolce Vita, déjà ?



A Venise, le soir

Sur le Canale Grande se couchent,carnevale_venezia_pierrot
Profondes, les ombres du soir.
Sombres, cent gondoles glissent,
Comme un secret chuchotant.

Entre deux palazzi s'infiltre
Pourtant le soleil vespéral.
Flamboyant, il brûle d’un trait
Large le flanc des gondoles.

Dans la lumière purpurine,
Des voix fortes, des rires clairs,
Des murmures convaincants.
Et le jeu des regards scélérats.

La vie, sur une brève distance,
Court et s'adonne à la passion...
Puis s'éteint dans l'ombre, là-bas,
Incompréhensible murmure.

Traduction: Antoine Mack