train_robbery

Entrez, entrez, Mesdames et Messieurs! Pour quelques cents, voilà le grand western que vous attendiez. Quel film que celui-là, qui s’appelle dans sa version originale The great train robbery!

L’attaque brutale du train par des bandits violents et meurtriers, la jeune héroïne dévouée, les chevauchées (presque fantastiques), le square-dance endiablé, les courses-poursuites à cheval ou à pied, une foule de figurants convaincus... Tout y est, déjà.

Les Ford, les Hawks et tous les autres, en ajoutant certes quelques fioritures, n’avaient plus qu’à copier! Je ne crois pas qu'elle soit d’origine, mais il y a même de la couleur... juste pour les explosions et les toilettes des dames!

Les scénaristes (Edwin S. Porter, Scott Marble) et le réalisateur Siegmund Lubin ont sorti ce film, tourné... complètement à l’est, à Dover (New Jersey), en 1903. Il s’agit tout simplement du premier film américain qui racontait une histoire et du tout premier western! On y verrait même, disent des Américains, le premier gros plan de l’histoire du cinéma. Toute l’affaire est emballée en dix minutes et des poussières!

Film muet bien sûr, mais que nous importe. Les images étonnamment nettes parlent si bien! Jusqu’aux dernières qui réservent une jolie surprise. Le bandit incarné par Justus D. Barnes (un petit air de ressemblance avec Ben Turpin) se retrouve face à la caméra, l’arme au poing, acculé... alors qu’il devrait être mort, si j’ai bien suivi toutes les péripéties.

Il paraît que ça faisait son petit effet sur le spectateur des débuts du XXe siècle lorsque le méchant vidait alors son barillet sur... mais sur qui, au fait? Devinez!

Antoine Mack

The great train robbery (1903). Youtube. http://www.youtube.com/watch?v=Bc7wWOmEGGY
Coupez le son, la musique rajoutée n’apporte rien.

P.S. J’ai beaucoup apprécié le commentaire d’un fan: Je l’ai vu à trois ans, l’année de sa sortie. C’était révolutionnaire et terrifiant à la fois! J’ai 110 ans aujourd’hui.