Avant d’aborder la légende d’Orphée, Ovide célèbre le talent du musicien, fils de la muse Calliopè. Comme il a charmé les animaux, Orphée attire même les arbres qui se déplacent pour l’écouter...

Orphee_Cocteau

Il était une colline et, au sommet de cette colline, une grande terre très plane couverte d’un vert gazon. Et ce lieu manquait d’ombre, mais dès qu’Orphée s’y fut assis pour caresser les cordes de sa lyre, l’ombre arriva...

Le chêne s’en vint, et le peuplier sous lequel pleurèrent les Héliades à la mort de Phaéton, le tendre tilleul et le chêne vert, le hêtre, le laurier de Daphné, le coudrier, le frêne dont le bois sert à façonner les lances des combats, le sapin et la yeuse qui ploie sous la charge de ses glands, le platane à l’ombre accueillante et fraîche, l’érable et le saule qui laisse traîner ses bras dans les eaux des rivières, le lotus, le tamaris, le myrte et le buis toujours vert.

Vous aussi, lierres aux bras flexibles, pampres de la vigne qui vous enroulez aux troncs des ormeaux, ormes, épicéas, grands et souples palmiers  dont les feuilles récompensent les vainqueurs, êtes venus écouter, avec le pin en qui fut transformé Attis.

A cette foule s’est joint aussi le cyprès dont la pyramide évoque les bornes du cirque et qui fut jadis Cyparissus, un enfant aimé d’Apollon, ce dieu fameux qui manie avec une égale habileté les cordes de sa lyre et celles de son arc.

Adaptation: Antoine Mack