Clemens Brentano (1779-1842), écrivain et poète allemand, est l’auteur, entre autres, de contes rehaussés de poèmes, inspirés des légendes populaires. Voici la traduction d’une berceuse qui évoque Ameleya, princesse devenue la tendre amie d’un meunier, dans « La légende du meunier Radlauf ». Comme souvent dans la littérature préromantique et romantique allemande, la mort apparaît au détour d’une phrase, d’un vers, inattendue, inéluctable...  Mais ici, dans les derniers vers, les abeilles et les sources réveillent la petite musique tenace de la vie.

Singet leise, leise, leise 
de Clemens Brentano

Chantez tout bas, tout bas, tout bas,
Susurrez une calme berceuse,
En prenant exemple sur la lune
Qui va, silencieuse, dans le ciel nocturne.

C’est dans les eaux du Rhin qu’ils poursuivent
Leur sommeil, les chers petits enfants.
Ameleya est seule, qui  les veille
Et pleure sous les rayons de l’astre des nuits.

Chantez une chanson douce
Comme les sources sur les cailloux
Comme les abeilles autour du tilleul,
Qui chuchotent, ruissellent, murmurent, bourdonnent.

Traduction : Antoine Mack